Patrimoine

Histoire du Teich

Dès la préhistoire notre territoire fut habité, en témoigne les silex taillés retrouvés au Teich puis c’est sur le territoire actuel de la commune du Teich et de Biganos, sur les bords de l’Eyre, que s’installèrent les Bituriges Vivisques, quelques siècles avant notre ère.

Puis dès le premier siècle, avec l’arrivée des Romains, une cité gallo-romaine (appelée Boïos) et un port furent fondés, comme en témoignent les vestiges archéologiques sur le site de Lamothe.

Les dernières fouilles réalisées à l’Est de le l’Eyre ont permis de découvrir les soubassements de bâtiments de l’époque gallo-romaine et mérovingienne, dont un fanum, une chapelle, un entrepôt et un pont.

A l’époque médiévale, afin de se prémunir des invasions par la mer et contrôler la circulation sur la l’Eyre, quelques tours d’observation en bois sur des mottes de terre, furent érigées autour du Bassin d’Arcachon, il en subsiste deux dans le delta. L’une d’entre elles s’élevait à l’emplacement actuel du Château de Ruat. C’est précisément autour de ce bâtiment primitif que fut construit le château, progressivement développé et transformé entre la fin de l’époque médiévale et le XVIIIe siècle, pour devenir la demeure des Captaux de Buch.

Mais paradoxalement, du fait de l’imbrication de plusieurs territoires distincts, la paroisse du Teich ne faisait pas alors partie du Captalat de Buch. Son premier rapprochement n’intervint en effet qu’assez tardivement (en 1735), à l’initiative du captal Jean-Baptiste Amanieu de Ruat.

Depuis 1713, le captalat de Buch était la propriété des Amanieu de Ruat, conseillers au Parlement de Bordeaux, seigneurs d’Audenge et très attachés à cette seigneurie où les racines de la famille s’enfonçaient depuis des siècles. Ils préféraient leur château du Teich à celui de La Teste, vétuste et inconfortable.

Jean-Baptiste Amanieu de Ruat (1676-1739), captal de Buch, possédait de nombreuses terres parmi lesquelles la baronnie d’Audenge et la maison noble de La Ruscade (enclavées dans la seigneurie de Certes), ainsi que le fief de Tagon (dans la paroisse de Biganos). Pour compliquer les choses, la maison de Ruat, où résidait habituellement le captal de Buch, se trouvait dans la paroisse du Teich, qui dépendait de la seigneurie de Certes, possession du Marquis de Civrac.

Pour mettre un terme aux inconvénients qui résultaient de l’entremêlement de leurs terres, Jean-Baptiste Amanieu de Ruat, captal de Buch, baron d’Audenge et conseiller au Parlement de Bordeaux, et Messire Emeri de Durfort, chevalier, marquis de Civrac et seigneur de Certes, s’entendirent pour procéder à un échange de terres.

L’acte fut passé le 30 décembre 1735.

Jean-Baptiste Amanieu de Ruat cédait ainsi au Marquis de Civrac :

– la baronnie d’Audenge,
– la seigneurie de La Ruscade dans Certes,
– le fief de Tagon dans la paroisse de Biganos,
– tout ce qu’il possédait dans la paroisse de Lamothe jusqu’à la rivière de Leyre du côté de l’église,
– le moulin de Ponnau sur le ruisseau d’Arnère, paroisse de Biganos,

Il conservait toutefois les métairies de Caudos et de Balanos dans la paroisse de Mios et tout ce qu’il possédait au lieu appelé « A l’Escarret » dans la paroisse de Lamothe, ainsi que le bois de Groslin situé en milieu de la lande dans la paroisse de Lamothe, fief dépendant de la maison noble de Ruat.
En échange, le marquis de Civrac cédait à Jean-Baptiste Amanieu de Ruat :

– la paroisse du Teich,
– la francaze de Camps,
– les landes qu’il possédait dans la paroisse de Sanguinet.

Jean-Baptiste Amanieu de Ruat perdait le titre de baron d’Audenge, mais ses terres entre les paroisses de Lamothe et du Teich devenaient d’un seul tenant jusqu’à l’océan.

C’est donc à la suite d’une véritable opération de remembrement à l’amiable que le captal de Buch devint seigneur du Teich.

Toutefois, la réunion de la paroisse du Teich et du captalat de Buch sous un même seigneur ne se traduisit nullement par l’intégration réelle du Teich dans le captalat. Les paroissiens du Teich n’obtinrent pas le droit d’usage dans les « montagnes » de La Teste, ni la liberté d’aller faire pacager dans la lande commune aux trois paroisses du Captalat.

Il n’y eut, au Teich, qu’un seul usager : « le dit seigneur et pour sa maison de Ruat seulement » (transaction du 5 mai 1746).